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Pourquoi avons-nous peur d’aller mieux ?

  • 4 mai 2022
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 19 mai

Il est surprenant de constater que c’est bien souvent au moment où le changement commence réellement à s’installer, et que les choses positives que nous souhaitions voir apparaître dans notre vie émergent enfin, que certaines personnes interrompent leur cheminement, voire parfois préfèrent faire marche arrière.


La résistance à la satisfaction d’un besoin profond est bien plus répandue qu’on ne pourrait le croire. D’ailleurs, beaucoup de patients qui arrêtent leur thérapie prématurément ne le font pas parce qu’ils sont incapables de changer, mais parce qu’ils éprouvent une anxiété importante face aux transformations positives qui commencent à apparaître.


La difficulté n’est d’ailleurs pas toujours liée au plaisir lui-même, mais à ce que ce changement vient profondément remettre en question dans l’identité, les habitudes et les repères construits au fil des années.

En effet, si à un niveau conscient nous cherchons le bonheur, l’apaisement ou l’épanouissement, certaines parts plus inconscientes de nous peuvent associer ces états à une perte de sécurité ou à une forme de danger.

Quand nous étions enfants, notre énergie vitale n’avait que peu de limites et nous vivions spontanément dans le mouvement, le jeu et la recherche du plaisir. Il suffit d’observer de jeunes enfants pour constater à quel point la joie, l’élan naturel et l’envie d’explorer guident leurs comportements.

Malheureusement, cette vitalité a parfois été limitée, freinée ou redirigée afin de répondre aux exigences de sécurité, aux normes sociales ou aux difficultés émotionnelles des adultes qui nous entouraient.

Dans certains contextes, l’enfant a pu expérimenter que lorsqu’il exprimait librement sa joie, son plaisir, son intensité ou certains besoins profonds, il pouvait être ignoré, réprimandé, humilié ou puni.

Le psychisme de l’enfant a alors pu associer cette expérience à une forme de danger vital relationnel.

Non pas parce que le plaisir serait mauvais en lui-même, mais parce que l’enfant dépend affectivement de ses figures d’attachement pour survivre psychiquement et émotionnellement.


C’est ainsi que certaines personnes apprennent progressivement — de manière extrêmement inconsciente — qu’il peut être plus sécurisant de se limiter, de se contrôler ou de ne pas trop ressentir.

Avec le temps, ce ne sont donc pas seulement certains plaisirs qui deviennent anxiogènes, mais parfois tout ce qui implique davantage de liberté, de douceur, de fluidité ou d’alignement avec soi-même.


Qui plus est, selon la logique propre à l’enfant, nous n’avons généralement ni blâmé nos parents ni remis en question le système relationnel dans lequel nous évoluions. Il a souvent été plus supportable pour nous de penser :« si mes besoins ont été limités, c’est probablement qu’ils étaient excessifs, mauvais ou illégitimes ».


Il devient alors parfois plus sécurisant de croire que nous ne méritons pas pleinement l’amour, la joie ou le plaisir, plutôt que de reconnaître que notre environnement affectif n’était peut-être pas capable d’y répondre de façon suffisamment ajustée.

Peu à peu, certaines personnes développent ainsi une forme d’interdit intérieur vis-à-vis du plaisir, du repos, de la légèreté ou du bonheur.


Paradoxalement, lorsque leur vie commence à devenir plus apaisée ou plus alignée avec leurs besoins profonds, des résistances peuvent apparaître : doutes, anxiété, culpabilité, besoin de contrôle ou comportements de retour en arrière. Non pas par volonté consciente de souffrir, mais parce que le psychisme tente de préserver un équilibre ancien devenu familier.


Autre conséquence fréquente de ce fonctionnement : les personnes ayant été fortement réprimées émotionnellement peuvent parfois avoir du mal à recevoir pleinement ce que leur partenaire ou leur entourage tente de leur apporter. Non parce qu’elles ne désirent pas être aimées ou heureuses, mais parce que recevoir, se détendre ou faire confiance peut inconsciemment réactiver une insécurité ancienne.

Le psychisme préfère parfois une souffrance connue à une sécurité émotionnelle encore inconnue!




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