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Sommes-nous vraiment libres de nos choix amoureux ?

  • il y a 1 jour
  • 2 min de lecture


Nous aimons croire que nous choisissons librement nos partenaires. Pourtant, une partie de nos choix est souvent guidée par une histoire dont nous n'avons pas pleinement conscience. Et si la véritable liberté consistait moins à choisir les « bonnes » personnes qu'à comprendre ce qui, en nous, choisit parfois à notre place ?


Nous ne choisissons pas toujours les personnes qui nous correspondent. Nous choisissons souvent celles qui confirment l'histoire que nous racontons déjà sur nous-mêmes.


Cette idée peut sembler déroutante. Pourtant, elle éclaire de nombreuses rencontres.

John Bowlby, fondateur de la théorie de l'attachement, décrivait ce qu'il appelait les modèles internes : des représentations inconscientes, construites au fil de nos premières expériences relationnelles, qui influencent notre manière de percevoir les autres, de nous percevoir nous-mêmes… et parfois même de choisir nos partenaires.


Autrement dit, nous ne rencontrons jamais l'autre avec une page totalement blanche.

Nous rencontrons aussi notre propre histoire.

Lorsque notre sécurité intérieure est fragile, nos choix ne cherchent pas toujours le bonheur. Ils cherchent d'abord à réduire l'incertitude. Nous sommes souvent attirés par ce qui nous est familier, même lorsque ce familier nous fait souffrir.

Nous pouvons alors idéaliser un partenaire, en espérant que son amour viendra confirmer notre valeur.

Ou, à l'inverse, rechercher inconsciemment une relation dans laquelle nous nous sentons légèrement en position de force : plus drôle, plus cultivé, plus assuré… Non par besoin de domination, mais parce qu'il semble moins risqué d'aimer lorsque l'on pense avoir moins à perdre.


Ces stratégies ont souvent été des adaptations intelligentes à notre histoire.

Le problème est qu'elles continuent parfois à guider nos choix, alors qu'elles ne correspondent plus à la personne que nous sommes devenus.

Car ce qui déclenche une relation n'est pas toujours ce qui lui permet de durer.

Avec le temps, une autre question finit par s'imposer :

Puis-je être pleinement moi avec cette personne ?

Puis-je rire librement ?

Exprimer mes idées sans me censurer ?

Me sentir compris sans avoir à jouer un rôle ?

Une relation devient profondément nourrissante lorsque nous n'avons plus besoin d'y occuper une place particulière : ni celle qui impressionne, ni celle qui rassure, ni celle qui prouve, ni celle qui sauve.

Simplement la nôtre.

La sécurité affective ne consiste pas à ne plus risquer d'être blessé. Elle consiste à pouvoir rester soi-même, même lorsqu'une relation comporte une part d'incertitude.

C'est peut-être là que réside la véritable liberté.

Non pas dans l'illusion de choisir indépendamment de notre histoire, mais dans la possibilité de reconnaître ce qui, longtemps, a choisi à notre place.

Le travail thérapeutique ne consiste peut-être pas à apprendre à choisir les « bonnes » personnes.

Il consiste d'abord à retrouver suffisamment de liberté intérieure pour que nos choix ne soient plus uniquement dictés par notre passé.

Peut-être qu'aimer, au fond, ce n'est pas rencontrer quelqu'un qui nous convainc enfin que nous avons de la valeur.

C'est rencontrer quelqu'un devant qui nous n'avons plus besoin de démontrer que nous en avons.

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