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Quand avoir raison fait perdre le couple

Quand, dans un couple, chacun s’acharne à avoir raison, ce n’est ni de la mauvaise foi, ni un manque d’amour. C’est presque toujours à la hauteur de la souffrance ressentie.


Plus la douleur est vive, plus le besoin d’être reconnu devient urgent, plus la relation se transforme en affrontement.


Chercher à avoir raison, à convaincre, à prouver, est souvent une tentative de survie émotionnelle :

« Dis-moi que ce que je vis est légitime. Dis-moi que j’existe. »


Mais tant que ce combat est actif, le travail de couple ne peut pas commencer. Les séances deviennent un lieu de justification, pas un espace de transformation.


En tant que thérapeute de couple, je constate souvent que le véritable tournant ne se situe pas dans la compréhension des faits, mais dans la capacité à prendre du recul sur cette question centrale :


Qu’est-ce que m’apporte le fait d’avoir raison ?

Qu’est-ce qui se joue pour moi, profondément, quand je m’y accroche ?

  • Un besoin de reconnaissance ?

  • De réparation ?

  • De sécurité ?

  • De justice ?


Et surtout, une question essentielle, que je pose souvent en séance :

Qu’est-ce qui est le plus important pour moi dans cette relation : avoir raison… ou être heureux ?

Le travail de couple devient possible lorsque chacun est capable, même timidement, de faire un pas hors de sa propre souffrance pour s’intéresser à celle de l’autre.

Cela ne signifie pas renoncer à soi. Cela signifie accepter que la relation ne se répare pas par la victoire, mais par la rencontre.

Le couple commence quand la question n’est plus : "Qui a raison?" mais "Comment faisons-nous, ensemble, avec ce qui est là ? »

Sans cette curiosité envers le monde intérieur de l’autre, sans cette capacité à déplacer le curseur, il n’y a pas de véritable travail de couple possible.


Le lien se transforme là où le combat se desserre suffisamment pour que deux êtres puissent à nouveau se rencontrer.


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