top of page

Oser demander : la compétence invisible qui change tout

  • il y a 1 jour
  • 4 min de lecture

Dans de nombreuses situations de la vie professionnelle ou personnelle, un comportement revient très fréquemment : nous n’osons pas demander.

Par peur de déranger. Par peur d’être jugé.Par peur de paraître incompétent.

Par peur de créer un malaise.


Alors nous faisons ce que font la plupart des êtres humains : nous supposons.

Nous imaginons ce que l’autre pense. Nous imaginons ce qu’il attend. Nous imaginons ce qu’il pourrait dire si nous posions la question.

Et ces scénarios se déroulent souvent dans notre esprit pendant des heures… parfois même pendant des jours.

Le problème est que ces films mentaux sont rarement réalisés par un grand studio de production.

Ils sont souvent écrits par notre anxiété.


Le piège des suppositions

Dans Les quatre accords toltèques, Miguel Ruiz propose un principe simple mais profondément transformateur :

« Ayez le courage de poser des questions et d’exprimer clairement ce que vous voulez. »

Cet accord repose sur une idée essentielle :quand nous ne savons pas, nous devrions demander.

Une grande partie des tensions, des malentendus et des conflits humains ne provient pas de ce qui est dit…mais de ce qui est supposé.

Nous croyons savoir ce que l’autre pense. Nous croyons savoir ce qu’il attend. Nous croyons savoir ce qu’il a voulu dire.

Mais en réalité, nous construisons souvent des interprétations qui deviennent progressivement des certitudes émotionnelles.

Or ces certitudes sont souvent… erronées.

On pourrait résumer cet accord de manière très simple : Quand je ne sais pas, je demande.

Car les suppositions ont une particularité troublante : les suppositions sont des fictions pour lesquelles nous avons oublié que nous en sommes les auteurs.

Le cerveau déteste le vide

Les neurosciences confirment aujourd’hui cette intuition.

Le cerveau humain est ce que l’on appelle un cerveau prédictif : il passe une grande partie de son temps à anticiper ce qui pourrait arriver.

Lorsqu’il manque d’informations, il ne reste pas neutre. Il comble les trous.

Et il le fait souvent en s’appuyant sur deux biais très connus :

• le biais de négativité : nous imaginons plus facilement le pire que le meilleur

• le biais d’interprétation : nous attribuons rapidement des intentions aux autres


Autrement dit :lorsque nous ne demandons pas, notre cerveau invente une réponse à notre place.

Et il n’est pas toujours très optimiste dans ses scénarios.


Ne pas demander entretient la peur

Lorsqu’une personne n’ose pas demander, elle se retrouve souvent dans une situation paradoxale.

Elle cherche à éviter un inconfort…mais finit par l’entretenir.

L’absence de demande crée :

• davantage d’incertitude

• davantage d’interprétations

• davantage de rumination

• davantage d’anxiété


Le cerveau fonctionne un peu comme un moteur qui tourne au ralenti.

S’il n’a pas de réponse claire…il continue à tourner. Et parfois très longtemps.


Demander est un acte de confiance

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, demander n’est pas un signe de faiblesse.

C’est souvent un signe de solidité intérieure.

Demander suppose :

• d’accepter de ne pas tout savoir

• de tolérer une part de vulnérabilité

• de faire confiance à la relation

Les personnes les plus confiantes sont souvent celles qui posent le plus de questions.

Elles savent que la clarté est presque toujours préférable aux suppositions.

 

Demander remet chacun à sa place

Une autre vertu de la demande est qu’elle rééquilibre la responsabilité dans la relation.

Si une attente n’est pas formulée clairement, il devient difficile d’y répondre correctement.

Lorsque nous demandons des précisions, nous invitons l’autre à clarifier :

• sa pensée

• ses attentes

• ses intentions

Nous cessons ainsi de porter seuls la charge de comprendre.

Et nous permettons à la relation de fonctionner sur une base plus simple :


la clarté plutôt que l’interprétation.

Celui qui demande avance avec plus de justesse!

Demander n’est pas seulement un acte relationnel.

C’est aussi un levier de justesse dans l’action.

Celui qui demande :

• comprend mieux les situations

• évite des erreurs d’interprétation

• prend des décisions plus éclairées

• progresse de manière plus pertinente

 

Dans de nombreux environnements professionnels, les personnes qui évoluent le plus justement ne sont pas celles qui prétendent déjà tout savoir.

Ce sont souvent celles qui posent les bonnes questions.

Non pas parce qu’elles savent moins.

Mais parce qu’elles cherchent à comprendre mieux.


Une compétence qui s’entraîne

Comme toute compétence, la capacité à demander s’entraîne.

Elle suppose parfois de dépasser une petite barrière intérieure :la peur d’être jugé, dérangeant ou maladroit.

Mais l’expérience montre souvent quelque chose d’assez frappant :

les conséquences redoutées se produisent rarement.

Au contraire.

Lorsqu’une personne commence à oser demander, elle découvre souvent que :

• les relations deviennent plus simples

• les attentes deviennent plus claires

• les situations se débloquent plus rapidement


Et parfois même, quelque chose d’assez inattendu se produit :

La question que vous n’osiez pas poser…était souvent la question que tout le monde attendait.


Une question simple pour commencer

Si vous deviez retenir une seule chose de cet article, ce pourrait être celle-ci :

Lorsque vous sentez apparaître une supposition dans votre esprit, posez-vous une question très simple :

« Est-ce que je le sais… ou est-ce que je l’imagine ? »

Si la réponse est :« Je l’imagine »…

Alors il est peut-être temps de faire quelque chose de simple, direct… et souvent très efficace :

demander.

Commentaires


bottom of page