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“Entre intention et action : le vrai visage de la procrastination”

  • 25 mars
  • 4 min de lecture

 Certaines personnes ne manquent ni d’énergie ni de volonté. Elles font beaucoup, organisent beaucoup, remplissent leurs journées… et pourtant, une impression persiste : celle de passer à côté de l’essentiel.

Ce paradoxe n’est pas celui de la paresse. C’est souvent celui de l’évitement.

Car plus une to-do list s’allonge, plus elle dilue la priorité. Et dans cette dispersion, les tâches importantes — celles qui engagent, qui exposent, qui comptent — se retrouvent repoussées au profit de tâches plus simples, plus rassurantes.

 

Ce que la procrastination protège vraiment

Aujourd’hui, la recherche est claire : la procrastination est moins un problème de gestion du temps qu’un problème de régulation émotionnelle.

On ne reporte pas une tâche. On reporte l’émotion associée à cette tâche.

  • inconfort,

  • doute,

  • peur de l’échec ou du regard,

  • incertitude face à ce que cela implique.

L’hyperactivité devient alors une stratégie efficace :👉 tant que je fais, je n’ai pas à ressentir.

 

Le piège du perfectionnisme (et l’illusion du 100%)

Une grande partie de la procrastination repose sur une exigence excessive :

“Si ce n’est pas parfait, cela ne vaut pas la peine.”

Or, dans la réalité :

  • 80% du résultat suffit largement dans la majorité des situations,

  • le passage à 100% consomme énormément d’énergie,

  • et n’apporte souvent aucune valeur supplémentaire.

Parfois même, il nuit.

👉 Un message “suffisamment clair” permet d’avancer immédiatement.👉 Un message parfait mais tardif ralentit tout.

 

L’action imparfaite crée du mouvement. L’inaction parfaite entretient le blocage.

 

Désir, plaisir… ou évitement ?

Une question simple permet souvent de comprendre :

👉 Est-ce que je repousse ce qui m’est pénible… ou ce qui me fait envie ?

On peut procrastiner :

  • pour éviter l’effort,

  • mais aussi — et c’est plus subtil — pour éviter ce qui compte vraiment.

Car ce qui compte engage. Et ce qui engage expose. Certaines personnes repoussent ainsi :

  • un projet qui leur tient à cœur,

  • une activité qui leur ferait du bien,

  • une opportunité qui les ferait grandir.

Non pas par manque d’envie… mais parce que l’enjeu est trop important.

 

👉 Ce n’est pas un manque de motivation.

👉 C’est une difficulté à accueillir ce que cela implique émotionnellement.

 

Même ce qui nous fait du bien peut être procrastiné

C’est sans doute l’un des points les plus contre-intuitifs — et les plus fréquents.

Faire du sport, sortir, appeler un proche, se reposer, méditer…Autant d’actions dont nous savons qu’elles nous font du bien — et que nous remettons pourtant à plus tard.

Pourquoi ?

Parce que lorsque nous sommes fatigués, stressés ou saturés, notre cerveau cherche avant tout un soulagement immédiat. Il évite ce qui demande un effort initial… même si cet effort est bénéfique.


👉 Plus nous en aurions besoin, moins nous le faisons.


Ce n’est pas un manque de volonté. C’est un mécanisme de protection à court terme.

Mais à long terme, il entretient le mal-être.

 

L’enjeu identitaire : préserver l’image de soi

Un mécanisme particulièrement puissant est souvent à l’œuvre :

“Je pourrais réussir… si je m’y mettais vraiment.”

Ne pas agir permet de préserver une illusion rassurante :

  • celle de son potentiel intact,

  • celle d’une réussite possible… mais non testée.

Car agir, c’est accepter un verdict du réel.

Et ce verdict peut venir bousculer une identité :

  • “suis-je vraiment à la hauteur ?”

  • “qu’est-ce que cela dit de moi si j’échoue ?”


Procrastiner devient alors une stratégie pour protéger son image de soi.

 

Ce mécanisme est finement exploré dans certaines approches contemporaines, notamment dans le podcast« On ne peut pas rater sa vie » avec Marc Winninski et Fanck Lopvet, qui interroge cette “légende personnelle” que l’on entretient parfois pour éviter l’épreuve du réel.


Ce que recommandent les approches TCC

Les approches cognitives et comportementales sont très claires :on ne sort pas de la procrastination en réfléchissant davantage, mais en changeant le comportement.

Concrètement :

  • 1 priorité essentielle par jour

  • Commencer par la tâche évitée

  • Se donner 10 minutes pour démarrer

  • Viser le “suffisamment bien”

 

Mais surtout :

👉 Ne pas abandonner ce qui nous fait du bien, même en version minimale.

  • 5 minutes de marche

  • quelques étirements

  • un appel court

  • une action simple

👉 L’objectif n’est pas la performance.

👉 L’objectif est de maintenir le lien avec ce qui nous nourrit.

 

Car on ne retrouve pas l’énergie pour agir.

👉 C’est en agissant — même un peu — que l’énergie revient.

 

Ce que vous avez à gagner (et c’est démontré)

Passer à l’action, même de manière imparfaite :

  • diminue rapidement l’anxiété,

  • restaure un sentiment de contrôle,

  • renforce l’estime de soi,

  • et augmente la motivation pour la suite.

 

👉 L’action précède la motivation. Pas l’inverse.

Chaque passage à l’acte devient une preuve intérieure :

“Je suis capable d’y aller… même quand ce n’est pas confortable.”

 



Pour conclure, vous n’avez pas besoin d’être prêt. Vous avez juste besoin de commencer!


Pas tout. Pas parfaitement.

👉 Une seule chose. Mais la bonne.


Et parfois, la chose la plus importante que vous avez à faire…n’est ni la plus urgente, ni la plus productive —mais simplement celle qui va vous faire du bien.

Alors si une petite voix vous dit encore :“Je le ferai mieux plus tard…”

Répondez-lui simplement :

👉 “Parfaitement plus tard… ou suffisamment bien maintenant ?”

 

“Les intentions soulagent la conscience… mais ce sont les actions, même imparfaites, qui finissent par dessiner une vie.”

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