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LA VRAI FORCE N'A PAS BESOIN DE CRIER ELLE INSPIRE!

  • 16 juil.
  • 5 min de lecture

Il existe une vieille croyance qui traverse les générations.

« Il faut être dur pour faire grandir les gens. »

Les compliments ramollissent. »

« Si je souligne ce qui ne va pas, il progressera. »

« Quand on veut, on peut. »« Ce qui ne tue pas rend plus fort. »


À première vue, ces phrases paraissent pleines de bon sens. Beaucoup d'entre nous ont grandi avec elles. Elles ont été transmises par des parents qui pensaient bien faire, par l'école, le sport, l'entreprise… Elles font presque partie du patrimoine culturel français.

Mais une croyance n'est pas une vérité.


La dureté n'est pas la force.

Confondre les deux est une erreur fréquente.

Un lion n'a pas besoin de rugir toute la journée pour rappeler qu'il est un lion.

Et la dissuasion nucléaire ne consiste pas à envoyer une bombe chaque semaine « pour montrer qu'on ne plaisante pas ».

Sa force réside précisément dans le fait qu'elle est crédible… sans avoir besoin d'être utilisée.

La véritable puissance est souvent silencieuse.

Elle n'a pas besoin de démontrer qu'elle existe.

Lorsqu'une personne doit crier, humilier ou intimider pour être entendue, ce n'est généralement pas un signe de puissance. C'est souvent le signe qu'elle ne parvient plus à obtenir de coopération autrement.

La violence n'est pas une arme de dissuasion.

C'est souvent le constat que la dissuasion a déjà échoué.


« Je critique parce que ça fait avancer. »

Vraiment ?

Imaginez deux entraîneurs.

Le premier répète :

Là, ce n'est pas bon.— Tu es encore en retard.— Tu aurais pu faire mieux.— Tu n'es jamais concentré.

Le second dit :

Ce passage est réussi.— Continue dans cette direction.— Là, tu progresses.— Tu peux encore améliorer ce point.


Les deux corrigent. Mais un seul construit.


Les neurosciences montrent qu'un cerveau placé sous la menace active prioritairement ses circuits de survie. Il devient moins créatif, moins souple, moins capable d'apprendre et d'intégrer de nouveaux comportements.

Autrement dit :

la peur mobilise de l'énergie pour se protéger, pas pour progresser.


Ce qui marche tout de suite… ne marche pas toujours longtemps.


C'est sans doute la plus grande confusion.

Oui, la peur peut produire un résultat immédiat.

Un enfant puni se tait.

Un salarié humilié obéit.

Un conjoint crie moins fort.

Un sportif accélère.


À court terme, on peut avoir l'impression que « ça marche ».

Mais ce qui a changé, ce n'est pas la motivation.

C'est le niveau de peur.

Or la peur est un excellent moteur… pour fuir un danger.

C'est un très mauvais moteur… pour apprendre, coopérer, créer ou s'épanouir.


À long terme, les conséquences sont souvent les mêmes : baisse de l'estime de soi, perte d'initiative, évitement, ressentiment, mensonge, démotivation ou explosion de colère.


La personne ne fait plus les choses parce qu'elle comprend ou adhère.

Elle les fait pour éviter une sanction.

Autrement dit, la violence obtient souvent de l'obéissance.

Elle construit rarement l'autonomie.

La valorisation, elle, est parfois moins spectaculaire au départ. Elle demande davantage de patience.

Mais elle construit quelque chose de beaucoup plus solide : la confiance, le sentiment de compétence et la motivation intérieure.

On pourrait résumer ainsi :


La violence rapporte vite… mais très mal.

L'encouragement est un investissement qui rapporte plus lentement… mais beaucoup plus longtemps.


La valorisation n'est pas de la complaisance.

C'est souvent l'inverse de ce que l'on imagine.

Valoriser ne signifie pas dire que tout est parfait.

Cela consiste à identifier ce qui fonctionne déjà afin que le cerveau puisse le reproduire.

On développe ce sur quoi on porte son attention.

Si l'on montre constamment à quelqu'un ses défauts, il finit souvent par croire que ses défauts le définissent.

Si l'on met régulièrement en lumière ses ressources, il développe progressivement le sentiment qu'il est capable.

Et ce sentiment porte un nom : la confiance en soi.

La confiance ne naît pas des critiques.

Elle naît de l'expérience répétée que l'on est capable d'apprendre.


« Quand on veut, on peut. »

Voilà une phrase séduisante……mais fausse.

Si vouloir suffisait, personne ne fumerait plus.

Personne ne divorcerait.

Personne ne ferait de burn-out.

Personne ne resterait anxieux.

Notre volonté est une ressource.

Elle n'est pas toute-puissante.

Nous sommes influencés par notre histoire, notre éducation, nos traumatismes, notre état de fatigue, notre environnement, nos émotions, nos habitudes, notre système nerveux… et aussi par les autres.

Croire que « quand on veut, on peut », c'est imaginer que nous contrôlons tout.

C'est oublier qu'il existe un monde extérieur… et un inconscient intérieur.


La vraie phrase serait plutôt :

« Quand plusieurs conditions sont réunies, nous pouvons souvent accomplir beaucoup plus que nous ne l'imaginons. »

C'est moins spectaculaire.

Mais beaucoup plus proche de la réalité.


Pourquoi cette croyance est-elle si répandue ?

Parce qu'elle vient de loin. Notre culture s'est construite pendant des siècles autour de l'idée que l'effort devait être douloureux pour avoir de la valeur. Qu'il fallait mériter. Souffrir. Se sacrifier. Payer.

L'autorité était verticale. Le chef savait. L'enfant obéissait. Le professeur sanctionnait. Le parent corrigeait davantage qu'il n'encourageait.


Cette logique a longtemps semblé fonctionner…mais surtout parce qu'elle obtenait de l'obéissance.

Or l'obéissance n'est pas le développement.


Aujourd'hui, les sciences humaines montrent autre chose.

Les enfants qui développent la meilleure estime d'eux-mêmes ne sont pas ceux que l'on critique le plus.

Les salariés les plus performants ne sont pas ceux qui travaillent sous la peur permanente.

Les sportifs qui progressent le plus ne sont pas ceux que leur entraîneur humilie quotidiennement.

Ce qui favorise les progrès durables est un équilibre entre deux ingrédients :

une exigence élevée et une sécurité psychologique élevée.


Sans exigence, on stagne.

Sans sécurité, on se protège.

Il faut les deux.


Une mise à jour est possible.

Nos parents ont souvent fait avec les connaissances de leur époque.

Nous avons aujourd'hui accès à d'autres connaissances.

Nous savons davantage comment fonctionne le cerveau.

Comment se construit l'estime de soi. Comment naît la motivation.

Comment se développent les compétences.

I l ne s'agit donc pas de condamner les générations précédentes. Simplement de mettre à jour le logiciel.

Comme on ne reproche pas à quelqu'un d'avoir utilisé une vieille carte routière avant l'invention du GPS, il est possible de remercier ce que cette ancienne manière de faire a apporté… tout en choisissant aujourd'hui un outil plus précis.


Être exigeant n'oblige pas à être brutal.

Être ferme n'oblige pas à être violent.

Et encourager quelqu'un n'a jamais empêché de lui demander de grandir.

Au contraire.

La véritable force n'est pas de faire peur.

La véritable force est de savoir rester calme, poser des limites claires, maintenir le cap et donner envie à l'autre de progresser plutôt que de simplement lui faire peur.

La peur obtient parfois un comportement.

La confiance transforme une personne.

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