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Et si être un génie aux yeux de ses parents était aussi une souffrance ?

il y a 6 jours
2 min de lecture

On parle souvent des enfants qui souffrent de ne pas se sentir assez bien aux yeux de leurs parents. Mais on oublie ceux qui souffrent de devoir être à la hauteur de l’image extraordinaire que leurs parents ont d’eux.

Car quand on me croit génial, quelle place me reste-t-il pour échouer, douter, tâtonner, être simplement humain ?

Et si, derrière cette admiration, se cachait une peur immense : et si l’on m’aimait parce que je suis intelligent, brillant, exceptionnel ? Et si, le jour où je ne le serais plus, je risquais de décevoir, voire de perdre quelque chose dans le regard de ceux que j’aime ?


L’enfant peut alors finir par confondre sa valeur avec ses performances, et l’amour reçu avec l’obligation de rester à la hauteur. Il ne cherche plus seulement à réussir : il cherche à préserver l’image qui lui donne sa place. L’échec devient une menace, et l’imperfection, presque une faute.


Les recherches de la psychologue Carol Dweck montrent que valoriser l’intelligence plutôt que les efforts peut fragiliser le rapport à l’échec.


À force de le convaincre qu’il est exceptionnel, ne risque-t-on pas de lui faire croire qu’il doit le rester pour continuer à être admiré, voire aimé ?

« Maman, papa, confirmez-moi que je peux rêver d’être plus grand que je ne suis et plus petit que vous ne souhaiteriez, car je sais que j’ai beaucoup de chemin à faire. »


Un enfant n’a pas besoin d’être un génie dans les yeux de ses parents. Il a besoin de savoir qu’il peut réussir sans devoir être exceptionnel, échouer sans perdre leur estime et grandir sans avoir à rester fidèle à l’image qu’ils se sont construite de lui.


Le plus beau cadeau que l’on puisse faire à un enfant, ce n’est pas de lui faire croire qu’il est extraordinaire. C’est de lui donner la liberté de ne pas l’être, de se tromper, de changer de direction et de devenir qui il est, sans avoir à devenir celui que nous avions rêvé qu’il soit.

C’est lui permettre de se découvrir, sans avoir à protéger l’image que nous nous sommes construite de lui, avec cette certitude essentielle : il n’a rien à prouver pour mériter d’être aimé.


Et si le plus beau des génies, c’était finalement un enfant qui se sait libre d’être simplement lui-même ?


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