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Congruence ou alignement : deux notions proches… mais pas tout à fait identiques.

il y a 7 minutes
3 min de lecture

On utilise souvent ces deux mots comme s’ils étaient interchangeables. Pourtant, ils désignent deux dimensions différentes de notre rapport à nous-mêmes et à notre vie.


La congruence : être vrai avec soi-même

La congruence, au sens développé notamment par Carl Rogers, correspond au fait d’être en accord avec son vécu intérieur.

C’est la capacité à reconnaître ce que l’on ressent réellement, à ne pas se mentir à soi-même et à pouvoir l’exprimer de manière authentique et adaptée.

Autrement dit, il existe une cohérence entre ce que l’on ressent, ce que l’on pense et ce que l’on montre aux autres.

La personne congruente peut par exemple reconnaître :

« Je dis que tout va bien, mais en réalité je suis épuisée. »

Ou :

« J’ai accepté cette situation, mais au fond, elle ne me convient plus. »


La congruence commence donc par une forme d’honnêteté intérieure.

Et cette honnêteté peut parfois être inconfortable… car une fois que l’on sait ce que l’on ressent, il devient plus difficile de faire comme si on ne le savait pas. 😉


L’alignement : construire une vie qui nous ressemble

L’alignement est une notion plus large.

Il ne concerne pas seulement ce que l’on ressent, mais aussi la manière dont on construit sa vie.

Être aligné, c’est faire des choix cohérents avec ses valeurs, ses besoins profonds, ses aspirations et la personne que l’on souhaite être.

Cela peut concerner son travail, ses relations, son couple, son rythme de vie, ses priorités ou encore les limites que l’on choisit de poser.

On pourrait résumer ainsi :


La congruence regarde davantage vers l’intérieur.

L’alignement fait le lien entre cet intérieur et notre manière de vivre.

Et les deux ne vont pas toujours ensemble…

On peut être congruent sans être totalement aligné.

Par exemple, reconnaître honnêtement :

« Ce travail ne me correspond plus. »

…tout en n’osant pas encore le quitter par peur du changement, pour des raisons financières ou parce que l’on ne sait pas encore quelle direction prendre.

Il y a alors une forme de congruence : je reconnais ce qui est vrai pour moi, même si mes choix ne sont pas encore pleinement en accord avec cette prise de conscience.


À l’inverse, on peut être relativement aligné dans ses choix de vie tout en ayant des difficultés à reconnaître ou à exprimer ses émotions et ses besoins.


On a construit une vie qui correspond globalement à ses valeurs, mais on peut encore avoir du mal à dire : « Je suis triste. »« J’ai besoin de soutien. »« Cette situation me fait souffrir. »

Il manque alors une part de congruence.


Une façon simple de les différencier

La congruence répond à la question :« Est-ce que ce que je montre correspond à ce que je vis intérieurement ? »

L’alignement répond à la question :« Est-ce que la vie que je construis correspond à la personne que je souhaite être ? »


En thérapie, le travail commence souvent par développer davantage de congruence : apprendre à reconnaître ses émotions, ses besoins, ses limites, ses désirs… et être progressivement plus authentique avec soi-même.

Cette congruence permet ensuite de faire des choix de plus en plus alignés avec ses valeurs et de construire une vie qui nous ressemble davantage.


L’alignement est aussi un processus de réajustement.

Nos besoins évoluent. Nos valeurs peuvent se préciser. Nos priorités changent. Certaines expériences nous amènent à revoir nos choix.

Être aligné aujourd’hui ne signifie donc pas que l’on fera les mêmes choix demain.


En résumé

🌿 La congruence, c’est être vrai avec soi-même.

🧭 L’alignement, c’est vivre en accord avec ce qui est profondément important pour soi.


La congruence nous permet d’entendre ce qui est vrai en nous. L’alignement nous invite ensuite à lui donner une place dans notre vie.


Alors, peut-être que les vraies questions sont :

Qu’est-ce que je ressens réellement, derrière ce que je montre ?

Qu’est-ce que je sais déjà au fond de moi, mais que je n’ose pas encore regarder ?

Qu’est-ce qui m’empêche aujourd’hui de vivre davantage en accord avec cela ?

Et si je reste là où je suis, à qui ou à quoi suis-je fidèle ?

Parce qu’entre savoir ce qui est juste pour soi et oser vivre en accord avec cela, il y a parfois tout un chemin.

Et vous, où vous situez-vous entre ce que vous ressentez, ce que vous savez… et ce que vous osez vivre ?


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