Ma belle-mère n’est pas ma fée marraine… et alors ?
Dernière mise à jour : 27 août

Ma belle-mère n’est pas ma fée marraine… et alors ?
Il existe parfois, autour de cette figure familiale, tout un scénario de comédie romantique : « Nous allons nous adorer, elle deviendra presque une seconde maman, nous partagerons des confidences… »
Et puis, dans la vraie vie : « En fait, je ne l’aime pas beaucoup. »
Nous idéalisons souvent le mariage, et cette idéalisation peut s’étendre à la belle-famille : une nouvelle famille, une continuité entre famille d’origine et vie conjugale.
Lorsque la réalité ne correspond pas au scénario imaginé, la découverte peut être culpabilisante.
Lorsque nous découvrons que nous ne ressentons pas les émotions que nous pensions devoir ressentir, des questions peuvent surgir :
« Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à l’aimer ? Pourquoi cette relation ne me touche-t-elle pas davantage ? »
« Je pensais que nous allions être proches. Je pensais que je ressentirais quelque chose de particulier. Pourquoi est-ce que je n’y arrive pas ? »
Et c’est parfois là que commence… la critique.
Car se dire « je n’aime pas ma belle-mère » peut être plus difficile à dire que « ma belle-mère est froide, égoïste, toxique… »
La première phrase parle de soi. La seconde parle de l’autre.
Plutôt que de rester au contact de cette culpabilité, on peut chercher chez l’autre ce qui explique et justifie notre absence d’affection. On construit le dossier à charge.
La littérature et le cinéma nous y aident : la belle-mère cruelle est un archétype tout prêt !
Il peut alors se produire quelque chose d’assez humain : pour ne pas avoir à être « la mauvaise personne », nous avons besoin que l’autre devienne, quelque part, « le problème ».
La culpabilité se transforme en reproches. Le malaise en critiques. Et l’autre devient progressivement responsable de ce que nous ressentons.
Cela ne signifie pas que les reproches sont imaginaires. Une relation peut être réellement difficile.
Mais une question mérite d’être posée : « Est-ce que je suis uniquement en train de décrire ce qui me dérange chez elle… ou suis-je aussi en train de chercher des raisons de me sentir légitime de ne pas l’aimer ? »
Et parfois, derrière la belle-mère… il y a maman. Une relation très proche, voire fusionnelle, avec sa propre mère peut faire émerger une loyauté inconsciente.
Bowen parle ici de différenciation : rester lié à sa famille d’origine tout en construisant ses propres choix.
Une chose que l’on oublie souvent : nous ne sommes pas obligés d’aimer nos beaux-parents. Nous pouvons les respecter, les apprécier parfois, sans ressentir une grande proximité.
Et nos parents et beaux-parents ne sont pas obligés de devenir les meilleurs amis du monde. Dans l’idéal, tout le monde s’adore. Dans la vraie vie… Walt Disney a parfois placé la barre un peu haut !
Alors, faut-il en parler à son conjoint ?
C’est une question que j’aborde souvent en séance. Et ma réponse est oui.
Pas en lui disant frontalement : « Je n’aime pas ta mère. » Cela risque de le placer dans une position impossible.
Plutôt en verbalisant son ressenti : « Je m'étais imaginé....J’aurais aimé ressentir davantage de proximité avec ta mère. Je me rends compte que ce n’est pas ce que je ressens, et cela me culpabilise. J’avais peur de t’en parler. »
Ce n’est plus une attaque. C’est une confession intime.
Oser déposer cela dans le couple, c’est éviter que culpabilité, rancœur et critiques silencieuses s’accumulent. C’est aussi une occasion de se montrer vulnérable, honnête, et de solidifier le couple plutôt que de le fragiliser.
La vraie question n’est pas : « Comment aimer ma belle-mère ? »
Mais : « Puis-je accepter de ne pas ressentir ce que j’avais imaginé, sans culpabiliser ni en faire une coupable ? »
Après tout, une famille équilibrée n’est peut-être pas une famille où tout le monde s’adore, mais une famille où chacun peut tranquillement ne pas s’adorer… sans que le royaume ne s’effondre.
Et si, finalement, il était temps de laisser les belles-mères maléfiques aux contes de fées… et d’autoriser les vraies belles-mères à être simplement des êtres humains ?




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